Eloïse Decazes - Eric Chenaux - Le fruit vert

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Le fruit vert
Title

Eloïse Decazes (fr) & Eric Chenaux (cad) + Le fruit vert (cad)

 

Details
20:00
8€
Venue

Eloïse Decazes (FR) & Eric Chenaux (CAD):

Het duo Eloïse Decazes (Arlt, Delphine Dora) en de Canadese experimentele singer-songwriter Eric Chenaux zijn er opnieuw met een nieuwe lading onconventionele versies van eeuwenoude ballads. De woorden zijn beladen met dwarsgeboomde passie, vroegtijdige dood en paarden, maar geen nood om het drama nog verder door te drijven. Decazes en Chenaux behandelen de songs dan ook als uitgesmeerde en door de zon gebleekte landschappen, waarbij ze de vreemde of storende details voor zichzelf laten spreken – Chenaux slaat een slechts zeer licht onwelluidende noot aan in Le Deuil d’Amour op het punt waarop Decazes ta mignonne s’en va mourir zingt – je schatje is aan het sterven. Decazes’ toon bevat sympathie en dromerige onthechting, terwijl Chenaux met folky filigraan en stevig pedaalwerk een vruchtbaar bed spreidt.

 

Le Fruit Vert (CAD): Een auditief paradijs, een moment van pure extase vormt doorgaans het nec plus ultra voor popcomposities. Je zou kunnen stellen dat Le Fruit Vert was, op de LP Paon Perdu, die in het afgelopen jaar dit maxime het dichtst benaderd heeft. Het is een album waarop er en perfect evenwicht bestaat tussen stilte en geluid. Geïsoleerd door verschillen in harmonie en plaatsing heeft elke toon er ruimte om zich te ontplooien, maar naast elkaar geplaatst vormen deze tonen briljante popmelodieën in zich die niet kunnen wachten om zich in je oren te wormen. De muziek van Le Fruit Vert beslaat zo een grijze zone tussen familiariteit en anonimiteit. Ze baadt in emotionele kwetsbaarheid terwijl ze enthousiast de menselijke conditie verkent.

 

Eloïse Decazes (FR) & Eric Chenaux (CAD)

Back to reinterpretations and revisions of traditional material, and the duo of Eloïse Decazes (Arlt, Delphine Dora) and Canadian experimental singer songwriter Eric Chenaux return for more unconventional takes on centuries-old ballads. Ripe as the words are with thwarted passion, untimely death and, er, horses, there's zero need to ramp up the drama further and Decazes and Chenaux treat the songs as smeared and sun-bleached tableaux, mostly letting the strange or disturbing details speak for themselves - Chenaux sounds an only ever-so-slightly discordant note in 'Le Deuil D'Amour' at the point where Decazes sings “ta mignonne s'en va mourir” – “you're sweetheart is dying”. Decazes's tone encompasses sympathy, poise and dreamy detachment, while Chenaux combines folky filigree and wah-pedal squelch and squall to provide a fertile bed.

Le Fruit Vert (CAD): An aural paradise, a moment of pure ecstasy, has often been the desired ne plus ultra for pop compositions. I would argue that the closest to this maxim anyone has come to this year has happened, strangely and gorgeously, on Le Fruit Vert's LP Paon Perdu. It's an album whose meditations hang in the balance between every moment of silence. It takes detailed care over every note, musing delightfully by taking time and giving space to breathe, but also carries in its belly the quite-often brilliant, earworming pop melodies that make it remarkable. Entirely a meditation on sound and feeling, Paon Perdu isolates noises through a difference of harmony and position. The music of Le Fruit Vert exists in a gray area between anonymity and familiarity. It’s a technique that binds their music tightly to emotional vulnerability as they poke at the human condition, always with cheer and curiosity galore.

 

 

Eloïse Decazes (fr) & Eric Chenaux (CAD):

Véritable chanteuse halogène, Eloïse Decazes hante depuis quelques années les ruines de la chanson française, notamment au sein du groupe Arlt. On l’a par ailleurs entendue miniaturiser les Folksongs de Luciano Berio en compagnie de Delphine Dora ou improviser sur cassette des hymnes au Titanic avec Le Ton Mité. Son timbre mystérieux, dont on peine à démêler le chaud du froid, son articulation faussement sereine, et cette façon de perturber les durées en chantant l’ombre des notes plutôt que les notes sont immédiatement reconnaissables.

Quant à Eric Chenaux, guitariste virtuose, il est connu pour avoir cessé un beau jour de prendre son outil au sérieux, préférant y voir un instrument bâtard et s’étonner lui-même d’en sortir tout à la fois des sons d’orgue ou de viole de gambe, de canne à pêche électrique ou de fusil tombé dans l’eau. Le pire, c’est que c’est très beau. À part ça, c’est un théoricien retors et il chante admirablement. Pour preuves, ses albums parus sur le label Constellation, dont le syncrétisme minimal, le groove et la spéculation considérée comme un érotisme, évoquent une espèce d’Arthur Russell piqué de Marvin Gaye. C’est aussi un improvisateur de premier plan, qui défonce tous les clichés du genre, à force d’humour et de paradoxes.

L’amour de ces deux grands irréguliers pour la chanson ancienne les rassembla sur un même disque, enregistré en deux après-midi à Toronto et paru sur le label belge Okraïna. On y entendait principalement de longues complaintes glanées du Moyen Âge au 19 ème siècle, pleines de meurtres et de métamorphoses, étirées d’une voix pâle et hérissées de contrepoints guitaristiques et de mélodica patraque, de dissonances et de drones égorgés à l’archet. On parla pour se rassurer de Nico et John Cale, ou d’Areski-Fontaine, mais en vérité ce drôle d’objet ne ressemblait pas à grand-chose de connu. Cette rencontre de l’inouï et du familier, du très ancien et du très moderne, du très savant et du pas savant du tout frappa quelques têtes et le disque fut rapidement épuisé, devenant l’objet d’un petit culte assez fervent chez les amateurs de beautés pas franchement normées.

La bride, sorti à l’enseigne lausannoise three:four records est leur deuxième album et il est peut-être encore plus étonnant.


20h00 DOORS
20h30 Le fruit vert (cad)
21h30 Eloïse Decazes (fr) & Eric Chenaux (cad)